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La campagne déchirante de Sea Shepherd contre la pollution des océans

Par Antoine Engels | Le HuffPost | 18 avril 2018 | Mis à jour à 09:04


Le Monde est vert

| Dauphins, requins et tortues de mer étouffent dans un « océan de plastique »… « Ce que nous avons causé, nous devons maintenant le réparer », assène le Capitaine Alex Cornelissen, PDG de Sea Shepherd Global. L’ONG internationale de protection des océans, connue pour ses actions coup de poing, a lancé mardi 10 avril 2018, avec l’agence FF New York la campagne « Plastic Ocean ».

 

À travers trois visuels et une courte vidéo l’ONG dépeint une faune marine empêtrée dans un océan de plastique, comme une seconde peau. Les animaux se débattent, agonisent dans un ballet onirique et coloré au premier coup d’oeil, mais qui très vite révèle la triste réalité du piège mortel que sont les déchets plastiques.

Depuis son développement commercial, 8,3 milliards de tonnes de plastique ont été produites dans le monde entre 1950 et 2015, selon une étude parue dans la revue scientifique Science Advances. Chaque année, la pollution des océans atteint de nouveaux records avec des plaques de débris plastiques de la taille de pays entiers, à l’instar de cette décharge flottante au large du Pacifique trois fois plus grande que la France.

« Les êtres humains sont à blâmer »

Comme une espèce envahissante, elle est en train d’anéantir la faune océanique et de s’emparer de son habitat », martèle le capitaine Cornelissen. Et de poursuivre: « Les êtres humains sont à blâmer pour l’introduction de cette substance, la plus mortelle.

Actuellement, la production de plastique dépasse 320 millions de tonnes par an. Portée par le vent et la pluie, une grande partie de ces sacs, bouteilles, emballages, filets de pêche abandonnés et microparticules s’agrège dans plusieurs zones des océans, sous l’effet de vortex formés par les courants marins. Ainsi, 80% des déchets en mer proviendraient de la terre ferme et menacent animaux et écosystème. « C’est plus d’un million d’animaux marins qui se retrouvent piégés et qui meurent dans cet océan de plastique », déplore l’ONG.

Une « plastisphère » qui prend de l’ampleur

Malgré l’urgence, le grand public ne semble pas s’alarmer de ce problème, qui constitue un réel danger pour la biodiversité et l’environnement, regrette également Sea Shepherd.

Lors du forum de Davos en 2016, une étude réalisée par la fondation de la navigatrice Ellen MacArthur s’alarmait déjà du déséquilibre du ratio tonnes de plastique/tonnes de poissons. Le rapport estimait que d’ici 2050, il y aurait plus de plastique que de poissons dans nos océans.

Changer les mentalités

C’est donc face à cette urgence que l’ONG veut mettre un coup de projecteur sur le sujet dans les médias et sur les réseaux sociaux pour faire changer les mentalités, « en particulier celles des Millenials et de la Génération Z », autour de l’utilisation durable du plastique.

Nous pouvons renverser la vapeur, nous pouvons arrêter cette invasion, insiste Alex Cornelissen qui appelle à « arrêter la production et l’utilisation de plastiques à usage unique ».

Une prise de conscience qui peut passer par les gestes les plus simples aux plus inventifs. Ne plus utiliser de pailles en plastique, ramasser les déchets en pleine mer depuis son voilier ou taxer directement les sacs plastiques… Les solutions ne manquent pas et, comme le rappelle le capitaine Cornelissen, « ensemble, nous pouvons nettoyer les océans et faire en sorte que ce que nous enlevons reste à l’extérieur ».

©FFNEWYORK/SEASHEPHERD
Article publié avec l’aimable autorisation du HuffPost.
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